« Coulombier » pour éleveuse de colombes ?
Le 15 août, c’est l’anniversaire de mon père. Il aurait eu 72 ans Samedi !
Mon père…
Il m’a transmis sa sociabilité, son amour des gens, son amour du vivant, la force de ses convictions, ses cheveux bruns, son teint halé, sa sensibilité, sa soif de liberté… et bien d’autres choses encore.
Et bien sûr, il m’a transmis son nom de famille !
Pourquoi le nom du père domine-t-il encore aujourd’hui ?
En 2025, selon l’INSEE, 78 % des enfants nés en France portent uniquement le nom de leur père.
Mais pourquoi ? 🤔
Contrairement à une idée reçue, cette pratique n’a jamais été instaurée par une loi explicite : c’est une coutume qui s’est généralisée.
Un peu d’histoire…
Au Moyen Âge, la transmission du nom paternel sert à solidifier la lignée et les droits associés à la propriété. Le nom du père est un symbole de statut social, d’héritage et de pouvoir.
Au 15ᵉ siècle, certaines églises enregistrent les enfants baptisés : noms et prénoms, date de naissance, noms de la mère et du père.
Au 16ᵉ siècle, dans une logique de centralisation administrative et de pouvoir royal, l’état généralise la tenue de ces registres. C’est alors que s’institutionnalise, à l’échelle du royaume, l’inscription du nom du père — déjà dominant dans l’usage — sur les registres de baptême.
Jusqu’en 2004, le patronyme se transmet « par la coutume », relayé par la pratique administrative, et non par une règle légale.
Mais aujourd’hui, que dit la loi ?
En 1978, le Comité des ministres du Conseil de l’Europe demande aux gouvernements membres d’accorder aux deux parents des droits égaux dans l’attribution du nom de famille aux enfants.
La Suède légifère en 1982, le Danemark en 1983, l’Espagne en 1999, puis la France en 2002.
Depuis cette réforme, les parents peuvent choisir le nom du père, celui de la mère, ou les deux accolés.
Et en cas de désaccord des parents que se passe-t-il ?
La loi Taubira du 17 mai 2013 prévoit que l’enfant porte les premiers noms de chacun de ses parents, accolés dans l’ordre alphabétique.
Pourtant, le poids des habitudes culturelles continue de faire du nom paternel le choix largement majoritaire.
Mon nom de famille, mon héritage, mon choix
J’ai moi-même hérité du nom de mon père. Il fait partie de moi, c’est une part intégrante de mon identité.
Je ne me suis pas mariée, et je pense que, même si cela avait été le cas j’aurais gardé mon nom, c’est à dire le nom de mon père.
Mon père n’est-il pas le premier homme de ma vie ?
Alors, quand je suis devenue mère, j’ai voulu voir perdurer ce nom de famille, comme une transmission de ma lignée, un héritage. Ne pas voir s’effacer une partie de moi dans la continuité qu’est mon fils, donner un peu de mon père à mon enfant à naître.
Pourquoi j’ai transmis mon nom à mon fils ?
Transmettre le nom de mon père à mon fils était pour moi comme un passage de flambeau, une fierté à partager, une façon de dire : cette histoire mérite d’être portée, racontée, poursuivie.
Mon fils fait partie des 15 % d’enfants ayant les deux noms de famille accolés.
Coulombier : un nom qui raconte une histoire
Alors, d’où vient « Coulombier » ?
J’ai récemment découvert le site originenomdefamille.fr, une plateforme qui propose des rapports généalogiques générés par IA. Ces informations offrent une lecture ludique et accessible, sans être une preuve généalogique rigoureuse au sens scientifique du terme.
D’après ce site, Coulombier serait un nom assez rare : environ 287 naissances portant ce nom en France depuis 1890 !
Vous comprenez mieux pourquoi la transmission du nom est si importante si nous ne voulons pas le voir disparaitre…
Son origine viendrait du latin columbarium, qui désigne… un colombier, un pigeonnier !
Non, cela ne signifie pas que nous sommes des pigeons, je vous vois venir, mauvaises langues ! Bien au contraire : dans la France d’autrefois, posséder un colombier n’avait rien d’anodin. C’était un droit réservé aux seigneurs ou à l’Église. Selon les recherches du site, mes ancêtres auraient donc pu être soit les gardiens de ces pigeonniers, soit les propriétaires d’un domaine qui en possédait un.
Donc non pas d’éleveuse de colombes ou de pigeons dans mon histoire, mais je me serais bien vue propriétaire de pigeonnier, personnellement… et vous ?
Et vous, que savez-vous de votre nom ?
Un nom de famille, ce n’est pas neutre. Que vous portiez celui de votre mère, de votre père, les deux… cela donne certaines clés de lecture sur votre histoire.
C’est une partie de l’histoire de notre famille que l’on porte, que l’on transmet, parfois sans même s’y arrêter.
Alors en ce chaud mois d’août, je pense à mon père et à ce qu’il m’a donné en héritage, à mes oncles et tantes, à mes cousins Coulombier, à ce nom de famille…
Et vous ? Connaissez-vous l’histoire de votre nom ? Et qu’avez-vous choisi d’en faire ?
Je suis Tiphaine Coulombier, psychogénéalogiste près de Rennes. Je travaille avec vous sur l’histoire de votre famille, ce qu’on vous a transmis, vos ressources mais aussi vos blocages. Si cette question de transmission résonne pour vous aussi, je vous invite à consulter mon site pour découvrir mon accompagnement et réserver un premier échange : https://tiphainecoulombier.fr/
